Les mots/Maux du Management : A vos plumes !! Quelles sont vos définitions ?

ATELIER « LES MOTS / MAUX DU MANAGEMENT »

Les act’éthiques proposent cet été une conférence gesticulée intitulée « Exploiter mieux pour gagner plus ». Elle sera accompagnée d’un atelier intitulé « Les mots/maux du management », animé par Alexia Morvan et Annaïg Mesnil de la scoop d’éducation populaire « Le Pavé ».

Avec cet atelier, il s’agit de questionner une dimension du travail qui a pris une place majeure et joue désormais un rôle dans tous les secteurs d’activités (privés ou publics) : le management.

S’il est bien nécessaire d’organiser, d’animer et de coordonner les activités productives, il reste à savoir comment et pour quelles finalités. Car il n’en va pas du même management dès lors qu’il s’agit de rechercher l’efficacité en vue de satisfaire l’intérêt général des populations ou de produire un maximum de valeur financière pour satisfaire les actionnaires. De plus cette logique du résultat chiffré -traduite en résultats quantitatifs dans des secteurs qu’on aurait pu croire préservés comme l’hôpital ou encore l’école, du fait de la spécificité des relations humaines sur lesquelles ils reposent- induit des comportements et des raisonnements qui finissent par modifier les personnes elles-mêmes. Subrepticement car, en règle général, les managés ne sont pas invités à réfléchir sur les dispositifs dont ils sont l’objet, les conduites humaines sont modelées et conformées en vu d’atteindre des objectifs qui ressortent en premier lieu des intérêts des entreprises. Au-delà, c’est la société tout entière qui s’en trouve orientée vers fins qui peuvent contredire le développement de son humanité.

La question du management est donc une question de démocratie sociale dont il reste largement à s’emparer.

Nous vous proposons de vous immiscer dans ce débat d’une manière décalée grâce aux ressources du « Dictionnaire Collectif de la Langue de Bois et des concepts opérationnels » dans lequel nous avons puisé quelques définitions pleines d’humeur et d’humour critiques mais propres à faire acquérir de la lucidité, se rapportant à des termes usités dans cette novlangue qu’est celle du management.

Nous vous proposons de réagir en nous faisant part de vos propres définitions des termes de management que vous entendez et expérimentez au quotidien dans votre entreprise, de nous faire parvenir vos propres grilles des « mots foutaises » ou de ceux qu’il devient interdit de prononcer.

A vos plumes !

 

Quelques définitions « managériales » pleines d’humeur et d’humour critiques

 

Compétence(s)

Management / jugements psychologiques de la personne remplaçant « métier » et « qualification ». Permet de détruire la mobilisation collective au profit de l’individualisation des carrières. Directement importées des techniques du  management libéral, les « compétences » ont avantageusement remplacé « la qualification » et « le métier » dans le langage des formateurs et des employeurs. Le patronat veut se débarrasser des « métiers » qui permettent de résister collectivement et de s’organiser syndicalement. Comme il faudra désormais en changer cinq à six fois dans une vie, ce sont les « compétences » à s’adapter, à se rendre « employable » qui serviront désormais à évaluer les travailleurs (pardon – les « collaborateurs »). Finissons-en avec le « savoir-faire » et célébrons l’ère nouvelle du « savoir-être ». Savoir être docile, souple, interchangeable, malléable, motivé, imaginatif, créatif, convivial, communiquant… et plaisant à son employeur (pardon – à son collaborateur).

C’est la personne, son être intime, sa vie privée, sa culture, son comportement, qui doivent être enrôlés dans la productivité du service… On peut ainsi, à l’école et dans l’entreprise découper le comportement du travailleur en sous-compétences , telles que « manifester l’envie d’apprendre », « accepter des activités contraignantes », « savoir être autonome », « faire preuve d’initiatives », « gérer son temps » ou « respecter les règles de vie au sein de l’association ». Autant de critères qui relèvent de l’expérience personnelle et non d’une rationalisation des tâches. On n’y trouvera curieusement aucune compétence telle que « contester son patron », « questionner le bien-fondé d’une décision » ou « résister à une dérive marchande » ! Pourtant, le travail n’est pas simple affaire de compétences. Il s’y tisse aussi un univers de coopération et de conflits qui dessinent une identité collective et professionnelle.

Exercice de traduction

Le portefeuille de compétences des nouveaux emplois-jeunes médiateurs de quartier, sera régulièrement évalué par leurs tuteurs avec les partenaires de l’action.

La souplesse, la soumission et la collaboration active et ardente des jeunes payés pour calmer la rébellion de leurs copains, leur capacité à intégrer le discours des institutions fera l’objet d’un contrôle avec les financeurs.

Contrat

Contrairement à la tradition révolutionnaire française pour laquelle l’individu est titulaire de ROITS inaliénables dès sa naissance ou conquis par la lutte, dans la philosophie libérale anglo-saxonne les relations sociales sont supposées régies par une sorte de « contrat » volontaire dans lequel l’homme accepte une certaine aliénation en échange d’une certaine sécurité. La différence n’est pas mince. Ce pseudo « contrat » est une façon de faire accepter par la victime sa domination, son oppression ou son aliénation, en faisant croire à son adhésion libre et volontaire à cette agression. Ce « contrat » sert à éteindre sa révolte.

En droit français, un contrat suppose la liberté des contractants et une égalité de position. Il n’y a pas de « contrat » entre les ASSEDIC et un chômeur qui est obligé de signer le PARE pour avoir le droit de manger. L’indemnisation de perte d’emploi n’est pas le fruit d’un « contrat » mais d’un DROIT, toujours à préserver et à défendre.

Exercice de traduction

Les élèves et les enseignants ont été invités à signer le contrat de citoyenneté du lycée.

Les élèves n’ont pas eu d’autre choix que de se soumettre au nouveau règlement

Voici quelques termes « managériaux » qui, nous l’espérons, stimulerons votre imagination… et tous ceux que vous tirez de votre propre expérience.

Envoyez-nous vos propres définitions !

Autonomie, benchmarking, changement, commandement, communication, compétence, comportement, consultant, contrôle, efficacité, engagement, entreprise, évaluation, flexibilité, reporting.

 

 

2 Commentaires

Les commentaires sont fermés.

  1. sanchez 5 années Il y a

    Dans le même genre, il ne faut pas oublier la célèbre "boite à outils " des cadres…. Pourquoi une boite à outil? eh bien je vais vous le dire! L'ouvrier du chantier à un langage, pour s'en faire comprendre, il faut se l'approprier. Dans cette caisse à outil, il n'y a pas de perceuse, mais des guides pour comprendre l'ouvrier, le parler et s'en faire comprendre à son tour. Maintenant, si vous avez des idées sur le genre "d'outils " qu'ils ont en main, comme: la cravache TST à manche isolant ou les boules quies à filtrage numérique de certains mots comme "augmentation, baisse des cadences etc-etc" n'hésitez pas!!!!

  2. Alojamiento 3 années Il y a

    Les mots techniques structurent la pensee, comme les linguistes l’ont montre, et cette structure va jusqu’a la construction d’une culture et de son jargon. L’un des auteurs de management le plus prise dans les

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