Les PARLE aux Ateliers de la Pensée le 19 juillet

Table ronde du dimanche 19 juillet sur les pratiques théâtrales amateurs.

Les participants, Marc Le Glatin, Directeur du théâtre de Chelles ; Pierre Fitou, responsable de l’action culturelle au théâtre de Chelles ; Victor Gauthier-Martin, metteur en scène, Pascale Bérodias, la Présidente de la CCAS, le CE des cheminots, Maïa Sandoz et Joëlle Cattino, metteuses en scène ; Agnès Fénéant, comédienne amateur de Chelles,

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Anna Defendini, programmatrice culturelle à la CCAS lance le débat avec une interrogation sur le lien amateurs-professionnels.
Marc Le Glatin nous confirme que les pratiques amateurs n’ont cessé d’augmenter, elles représentent aujourd’hui une des premières modalités d’accès à la culture.

Marc nous parle de son expérience en tant que Directeur au théâtre de Chelles mêlant les professionnels et les amateurs. Il a eu cet DSC_8179hiver quatre compagnies en résidence, dont la compagnie de Victor Gauthier-Martin. Ces compagnies établissent des conventions avec la DRAC de résidences de Création et d’Action Territoriale. Ce sont des projets d’actions culturelles, on est sur des bases de projets transversaux.
A Chelles les compagnies en résidence ont un lieu de répétition dans le théâtre. Les projets du théâtre sont menés avec des publics variés, des scolaires, des centres culturels, des jeunes décrocheurs. L’idée est aussi d’enrichir le travail de la compagnie avec d’autres compagnies en résidence, les différents participants se rencontrent dans les ateliers. L’expérience humaine y est fondamentale.

DSC_8185Pierre travaille avec des amateurs :  J’essaie toujours dans ses projets d’impliquer des gens peu en lien avec la culture (groupe d’alphabétisation..)

Les règles que nous respectons: horizons différents, univers différents. L’intention est la même avec le public des collèges. Quand on voie que les jeunes accrochent sur le projet on leur dit : « tu peux continuer sur ton temps libre ! » Ca peut donner aussi envie aux autres membres de la famille.

Un projet c’est une aventure humaine, le rapport du « je » à « nous », ça prend ou ça ne prend pas c’est à chacun son histoire. On s’applique à élargir le cercle en continuant bien sur les pratiques professionnelles.

Anna : Pourquoi devient-on amateur de pratique théâtrale ?

Agnès : On a besoin de rencontrer des gens, on a tous notre histoire personnelle.

Victor parle du projet Round Up qu’il a mis en scène au théâtre de Chelles, ce projet a engendré un énorme débat d’idées, des rencontres incroyables. Le thème du projet est sur la bouffe et la mondialisation. A Chelles, chaque année il y a une nouvelle thématique. Pour Round Up, cent heures d’ateliers amateurs ont été consacrées pour monter le projet.

Que ce soit avec des amateurs ou des professionnels, les compagnies travaillent de la même façon.

-Est-ce que ça modifie le travail pour le metteur en scène ?

Maïa :  Non mais le temps de travail avec les amateurs est toujours plus court, le rapport au temps est difficile.DSC_8192

Joëlle parle de son vaste projet à la Lyonnaise des Eaux avec son coéquipier Michel, auteur et metteur en scène. Sa demande, s’installer sur un territoire avec comme exigence qu’on lui laisse le temps de travailler. Le théâtre de Grasse a accueilli son projet évolutif sur dix huit mois en pratique amateurs. Le thème du projet est sur la profusion de l’eau dans un lieu comme Grasse.

Anna : Est-ce que les amateurs regardent les spectacles autrement et deviennent public régulier ?

Victor : Oui ça fonctionne, les amateurs marquent de l’intérêt pour le reste de la programmation où ils jouent.

 

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Intervention dans le public d’un metteur en scène qui est responsable d’une structure itinérante en milieu rural dans le Nord Vaucluse, Les Conviviales, qui tourne dans des villages partenaires. Il y a quatre jours de temps fort dans chaque village où un travail est fait avec les scolaires et les groupes amateurs.

Qu’est ce qui amène l’amateur à s’intéresser au travail du professionnel ou au metteur en scène à s’intéresser au travail de l’amateur ? Différente interventions confirment que LA PASSION est maître mot de toutes ces belles créations.
DSC_8200Intervention de Jackie Renucci, directrice à la CCAS sur le territoire, région Alpes Provence. Jackie a participé avec le metteur en scène Jean-Pierre Vincent dans le cadre de Marseille capitale européenne de la culture à la création jouée au théâtre du Gymnase à Marseille des Suppliantes d’Eschyle avec soixante amateurs dont la plupart avaient déjà une pratique théâtrale. La répétition s’est déroulée sur dix huit mois et Jackie nous parle de son expérience si fondatrice et des liens très forts qu’elle a noués.
-Pourquoi choisir de travailler avec des amateurs ?

 

-C’est une question de choix, d’alimentaire. Il n’en reste pas moins qu’on a exactement la même exigence.

Une adolescente : -Comment devient-on metteur en scène ?

-Il y a des écoles de metteurs en scène mais chacun a un parcours différent. Avoir sa propre expérience d’acteur pour savoir de quoi l’on parle semble couler de source !

Intervention de Jean Zemor, président de la commission Art et Culture de la CCAS de Nice :-Je n’aime pas cette idée de classification Amateur ou Professionnel, j’ai participé, j’ai vécu le moment, les rencontres…Je me suis inscrit à différents projets par intérêt personnel, c’est un processus, un itinéraire, un chemin.

Agnès : Les temps ont évolué, dans les années cinquante les amateurs essayaient de copier les professionnels, maintenant les amateurs se mélangent aux professionnels.

Pascale : Qu’est ce qui vous a amené à accueillir des amateurs ?

Pierre : On est dans des constructions de projets de territoire, on a un engagement, j’ai été révolté l’année dernière sur une scène parisienne qui se vantait d’un travail avec des amateurs de les retrouver pendant le spectacle en fond de scène dans un rôle quasi de spectateurs, servant d’alibi au projet culturel !

Le ministère de la Culture a d’ailleurs prévu fin juillet un échange sur les pratiques amateurs.
Joëlle : Très important ce plaisir d’échange. On a besoin de politiser son métier, le théâtre reste une résistance par rapport au monde, on doit construire ensemble.DSC_8225

Intervention de Mickaël Fieschi, Président de la CCAS : Il existe quatre vingt CCAS en France qui regroupent des animateurs, des jeunes, des retraités, des centres de vacances… toute une vie syndicale et politique et des propositions de théâtre amateurs. Le théâtre est utilisé par les employeurs car il apporte énormément dans le processus de développement. On parle de public différent mais je ne vois pas ce public différent dans les entreprises actuelles. Comment les CE peuvent se mêler au public différent ? Il y a un manque de porosité avec le monde ouvrier, éclaté, précarisé. Je suis en interrogation et c’est compliqué car la vie sociale passe par le territoire et non pas par l’entreprise. C’est un problème de question de lutte.

Pascale : On est rattrapé par le pouvoir d’achat. En participant aux pratiques amateurs on retrouve une certaine valeur de Soi, on existe !

Florence : L’essentiel est que les employés aient un espace d’expression dans l’entreprise qui peut exister grâce aux différentes propositions de pratiques amateurs.

Intervention d’une infirmière qui parle de son expérience dans des stages de formation aux pratiques acteurs amateurs à l’assistance publique dans le début des années soixante dix. Tout ceci à disparu maintenant.

Bernard : Avec peu de moyen on peut encore faire de la qualité, de nombreux exemples confirment cela.

Pour conclure, Anna réaffirme que tout n’est qu’affaire de Passion dans l’action culturelle et la CCAS participe à ces échanges en tant que stimulateur.

-Cette passion on aimerait la rencontrer chez les politiques, ça élèverait le débat !

Simone Jantou, DSC_8234Commission Art et Culture à la CCAS, remercie les intervenant et la richesse de ce débat qui lui tenait à cœur sur les pratiques culturelles de théâtre amateurs et confirme que ces échanges font partis de l’axe essentiel de la politique culturelle à la CCAS.

 

 

 

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